Étouffe un feu de poêle d'un seul geste
Pourquoi la norme canadienne laisse un détecteur se taire aux niveaux qui touchent un bébé
« Théo aurait six semaines aujourd'hui. J'écris ça depuis sa chambre. Celle que je n'ai pas le droit de défaire parce que ma psychologue dit que je ne suis pas prête. »

Théo aurait six semaines aujourd'hui.
J'écris ça depuis sa chambre. Celle que je n'ai pas le droit de défaire parce que ma psychologue dit que je ne suis pas prête.
Le lit que Marc a monté lui même est encore dans le coin. L'éléphant en peluche que je lui ai acheté avant même de savoir que c'était un garçon est sur l'oreiller. L'application pour compter les coups sur mon téléphone a encore son nom dedans.
J'ai 36 ans. Mon mari et moi on a essayé pendant quatre ans. Deux FIV. Une grossesse chimique à cinq semaines. Une fausse couche à onze semaines que j'ai perdue dans les toilettes à trois heures du matin en m'accrochant au comptoir pendant que Marc dormait dans l'autre pièce parce que je ne lui avais pas encore dit.
Puis Théo a tenu.
J'étais une grossesse prudente. J'étais une grossesse planifiée. J'étais la femme qui a lu chaque livre et écouté chaque balado et acheté le berceau avant le deuxième trimestre parce que j'avais 36 ans et que je savais que c'était peut être ma seule chance.
J'écris ça parce que j'ai failli ne plus jamais être capable d'écrire quoi que ce soit. Et si j'avais lu quelque chose comme ça il y a douze mois, mon fils serait encore en vie.
Je veux que chaque femme enceinte qui lit ceci le lise deux fois.
On a acheté la maison le printemps avant que je tombe enceinte.
Elle avait été construite en 2019. Six ans quand on est arrivés. Le vendeur était le premier propriétaire et il en avait pris un soin maniaque. Tout était encore sous garantie du constructeur.
On a quand même fait faire une inspection, parce que c'est ce qu'on fait. Quarante trois pages. Zéro problème. L'inspecteur nous a dit que c'était le rapport le plus propre qu'il avait écrit cette année là. La fournaise était presque neuve. Le chauffe eau était presque neuf. La toiture était presque neuve.
Retenez ça.
Je pensais que l'intoxication au monoxyde de carbone, ça arrivait dans les vieilles maisons, avec de vieilles fournaises, de vieux détecteurs, et des gens qui n'avaient jamais fait l'entretien.
Ce n'est pas vrai.
C'est arrivé chez nous. Dans une maison de six ans. Avec une fournaise de six ans. Avec un voyant vert allumé sur le mur.
J'ai su que j'étais enceinte au mois de février.
J'ai fait le test à 5 h 47 du matin, un mardi. Deux lignes. Pâles, mais deux.
Je me suis assise par terre dans la salle de bain et je l'ai regardé pendant quarante minutes, parce que j'avais peur que si je bougeais, ça arrête d'être vrai.
J'ai fini par faire des crêpes et j'ai glissé le test sur le comptoir pendant qu'il regardait son téléphone.
Il a regardé le test. Il m'a regardée. Il a dit tu es sérieuse. Puis il l'a redit. Puis il s'est mis à pleurer d'une façon que je ne lui avais jamais vue, et moi je riais, parce que c'était le moment le plus absurde et le plus beau de ma vie.
On l'a dit à nos parents la fin de semaine suivante. Sa mère a pleuré une heure. La mienne a pris l'avion le lendemain.
J'étais enceinte de 5 semaines.
Je n'avais aucune idée de ce qui se passait déjà dans la fournaise au sous sol.
Le premier trimestre, j'ai été la femme enceinte la plus prudente de l'histoire des femmes enceintes.
J'ai acheté un humidificateur. J'ai pris de la peinture à faible COV pour la chambre du bébé. J'ai lu l'étiquette de chaque produit ménager de la maison et j'ai jeté tous ceux dont je n'arrivais pas à prononcer les ingrédients. Je buvais de l'eau filtrée. J'ai acheté un matelas sans traitement chimique, et il a posé des cache prises dans toutes les pièces avant même que ça paraisse.
J'avais 36 ans. C'était une FIV. Mon médecin a employé le mot « gériatrique » à mon premier rendez vous, et j'ai pleuré une heure dans le stationnement à cause de ce mot là.
J'allais faire ça comme il faut.
À 12 semaines, on a eu les résultats du test sanguin qui dépiste les anomalies génétiques et qui donne le sexe. Un garçon.
J'ai pleuré une heure. Lui, deux. On l'a nommé la fin de semaine suivante, d'après mon père, mort huit mois avant que je tombe enceinte, et qui n'a jamais su qu'on essayait.
On a commencé à lui parler à 13 semaines. Chaque soir, il collait sa joue sur mon ventre et il disait bonne nuit. Ton père t'aime. Tu n'as aucune idée de ce qui t'attend.
Je pleurais chaque fois.
Je l'ai senti bouger à 19 semaines.
C'est arrivé dans un magasin. Je regardais une couverture d'emmaillotage sur un présentoir, je l'ai senti, j'ai eu un souffle coupé tout haut, et la femme à côté de moi m'a demandé si ça allait. J'ai dit c'est mon bébé. Il vient de donner un coup. Elle m'a serré le bras et elle m'a dit félicitations ma belle.
À 24 semaines, il pouvait le sentir de l'extérieur.
À 28 semaines, il avait un horaire. Il bougeait surtout entre 20 h et 21 h, et encore entre 6 h et 7 h le matin. J'ai installé une application pour compter les mouvements et j'ai commencé à le chronométrer.
Il faisait toujours ses dix mouvements en moins de dix minutes. Des fois dix en deux minutes. C'était un bébé fort. Le médecin disait qu'il mesurait grand pour son âge.
J'ai acheté une chaise berçante d'occasion à une femme dont les enfants avaient grandi. Je l'ai retapée moi même à la peinture à la craie. Je l'ai sablée sur la galerie d'en arrière, en plein deuxième trimestre.
Je l'ai mise dans le coin de la chambre, face au lit de bébé. Certains soirs je m'assoyais dedans, la main sur mon ventre, et je berçais en lui parlant de rien.
Cette chaise est devant moi en ce moment.
Je n'ai pas été capable de la jeter.
La fournaise est repartie pour la saison la deuxième semaine d'octobre.
Cette fin de semaine là, on a eu mal à la tête tous les deux. On en a ri. On a mis ça sur le dos de la déshydratation. J'avais beaucoup pleuré cette semaine là parce que la chambre était enfin finie et que j'étais à fleur de peau. Lui travaillait tard sur un projet qui sortait le mois suivant.
La troisième semaine d'octobre, il a commencé à dormir à travers son réveil.
C'est un homme qui n'a jamais dormi à travers un réveil de sa vie. Il met plusieurs alarmes de secours.
Il a mis ça sur le stress. Il s'est mis à se coucher à 22 h au lieu de minuit. Ça a continué.
Moi aussi j'avais mal à la tête tous les matins. J'ai appelé ma sage femme. On m'a dit que c'était probablement la fatigue de fin de grossesse. Bois de l'eau. Prends un acétaminophène si ça devient trop dur. Beaucoup de femmes se sentent mal au troisième trimestre.
Alors j'ai pris de l'acétaminophène. J'ai bu de l'eau. J'ai bu encore plus d'eau.
Le chien a arrêté de dormir au pied du lit à peu près au même moment. Il s'est mis à dormir au sous sol, à côté de la salle de lavage.
Je me suis dit qu'il avait trop chaud en haut. Le chauffage était parti.
Le chien avait déménagé dans la seule pièce de la maison qui n'était pas raccordée aux conduits de la fournaise.
Je ne le savais pas à ce moment là.
Je le sais maintenant.
Le dimanche avant que tout arrive, Théo a donné un coup de pied tellement fort que ma tasse de café a bougé. J'étais assise à la table de cuisine, Marc faisait des œufs.
J'ai crié pour Marc. Il est venu, il a mis sa main sur mon ventre et Théo a frappé sa paume. Marc a levé les yeux vers moi et ses yeux se sont mouillés.
Il va être joueur de soccer.
C'est ce qu'il a dit. C'est le dernier souvenir que j'ai de Théo vivant.
« Il va être joueur de soccer. C'est le dernier souvenir que j'ai de Théo vivant. »
Mardi matin à 7 h 14 je me suis réveillée, j'ai mis ma main sur mon ventre et j'ai attendu.
Il bougeait toujours entre 6 h et 7 h. J'étais déjà en retard sur l'horaire. J'ai bu de l'eau froide. Je me suis couchée sur le côté gauche sur le divan. J'ai appuyé à l'endroit où son pied se mettait d'habitude.
Rien.
Je me suis dit qu'il dormait. Je me suis dit que j'avais pris trop de café la veille. J'ai texté Audrey et elle m'a dit ne panique pas. J'ai appelé ma mère et elle m'a dit que c'était probablement correct.
À 10 h 30 j'ai appelé ma gynécologue. L'infirmière m'a dit de venir.
J'ai conduit toute seule parce que Marc était déjà au bureau et je me suis dit que ça allait aller.
C'est cette partie là que je n'arrive pas à accepter.
J'ai conduit toute seule.
J'ai conduit vingt six minutes jusqu'à la clinique avec une main sur mon ventre et une sur le volant, en parlant à mon fils tout le long du trajet, en lui disant qu'il avait juste besoin de bouger un petit peu pour maman. Juste un petit peu.
La technicienne a promené la sonde pendant trois minutes sans dire un mot.
Puis elle a dit laissez moi aller chercher la médecin.
Je suis restée assise dans cette pièce toute seule pendant six minutes. Je le sais parce que j'ai regardé l'horloge sur le mur et j'ai compté chaque seconde.
La médecin est entrée. Elle ne s'est pas assise à l'ordinateur. Elle s'est assise sur le tabouret à roulettes à côté de ma tête. Elle a mis sa main sur mon épaule.
Elle a dit Sarah. Je suis vraiment désolée. Il n'y a pas de battement de cœur.

J'ai appelé Marc du stationnement.
Je n'arrivais pas à le dire. Je répétais juste viens à l'hôpital. Viens maintenant. Viens maintenant. Viens maintenant.
Il n'arrêtait pas de demander qu'est ce qui se passe, et j'ai fini par dire Théo est parti et il a fait un son au téléphone que je ne suis pas capable de décrire à un autre être humain.
Théo est né à 4 h 47 le lendemain matin.
Il pesait 4 livres et 2 onces. Il mesurait 16 pouces et demi. Il avait le nez de Marc. Il avait mes mains. Il avait une tête pleine de cheveux foncés, ce que je disais à ma mère depuis des mois parce que j'avais les mêmes à ma naissance.
Je l'ai tenu pendant cinq heures.
Je lui ai chanté chaque chanson que j'avais prévu de lui chanter depuis sept mois. Je lui ai chanté la berceuse que mon père me chantait. Je lui ai chanté l'alphabet.
Marc s'est assis à côté de moi et a posé sa main sur la petite poitrine de Théo et ne l'a pas enlevée pendant une heure.
Quand l'infirmière est venue demander si on était prêts, on a dit oui parce qu'on est censé dire quoi d'autre.
Ils ont pris ses empreintes de pieds. Ils ont pris une mèche de ses cheveux. Ils l'ont mis dans une boîte à souvenirs.
On est rentrés de l'hôpital avec le siège d'auto vide à l'arrière.
Ce trajet là est les pires quarante trois minutes de toute ma vie.
L'autopsie est revenue six semaines plus tard.
Carboxyhémoglobine fœtale élevée. Intoxication au monoxyde de carbone.
J'ai relu le mot carboxyhémoglobine dix sept fois avant de comprendre ce qu'il voulait dire. Ça veut dire que le monoxyde de carbone s'était lié au sang de Théo. Ça veut dire que son sang avait été empoisonné lentement pendant des semaines. Ça veut dire que pendant que je me berçais dans sa chambre et que je lui chantais des berceuses, son sang se noyait dans un gaz que je ne pouvais pas voir, pas sentir, et que mon détecteur ne pouvait pas détecter.
Ma carboxyhémoglobine à moi était élevée aussi. Pas assez pour m'envoyer à l'hôpital. Pas assez pour déclencher mon détecteur. Mais élevée. Élevée depuis des semaines. Le genre d'élévation qui arrive quand on est exposée à de petites quantités, lentement, pendant longtemps.
Mon corps l'éliminait. Le sien ne pouvait pas.
« Quand mon sang était propre, le sien se noyait encore. »
La spécialiste a appelé les pompiers. Deux hommes sont venus le lendemain matin. Un dans la trentaine. L'autre plus vieux, à peu près l'âge de mon père, qui s'est présenté comme le capitaine Lachance. Il a enlevé sa casquette en entrant.
Ils sont descendus au sous sol avec un détecteur portatif. Ils sont restés en bas quarante minutes.
Le capitaine Lachance est remonté. Il ne s'est pas assis. Il est resté debout dans la cuisine et il a dit : Madame Mercier. Votre fournaise a un échangeur de chaleur fissuré. Environ trois pouces. Le monoxyde de carbone passe par la fissure et remonte directement dans les conduits. Chaque fois que la fournaise part, elle envoie du CO dans toutes les pièces de la maison. Y compris votre chambre. Y compris la chambre du bébé.
J'ai demandé depuis combien de temps. Il a dit que d'après l'allure de la fissure et la corrosion, au moins trois mois. Peut être plus.
Il a dit : Les échangeurs de chaleur fissurent avec l'âge. Avec les contraintes. Avec le métal qui prend de l'expansion et qui se contracte chaque fois que la fournaise démarre. Ça arrive à des appareils neufs. Ça arrive à des appareils de six ans. Et ça arrive en silence. On ne le voit pas. On ne le sent pas. La fournaise fonctionne parfaitement. La flamme a l'air normale. Le thermostat marche. On a du chauffage. Tout a l'air correct. Pendant ce temps là le monoxyde de carbone monte dans toutes les pièces de la maison.
Il a fait une pause.
Et le pire, c'est que c'est comme ça que la plupart des morts par monoxyde arrivent. Pas par une explosion de l'échangeur. Pas par une grosse fuite d'un coup. Par des petites fissures. Des petites fissures qui fuient lentement. Assez bas pour ne jamais déclencher le détecteur. Mais assez haut pour étouffer un bébé dans le ventre de sa mère.
Le monoxyde de carbone ne vient pas seulement des fournaises au gaz. Il vient de tout ce qui brûle un combustible :
Tout ce qui a une flamme ou un échappement peut faire défaut. Les tuyaux se corrodent. Les évents rouillent. Les joints craquent. Les cheminées se bouchent. Pour une femme enceinte, même une petite fuite qui ne déclenche pas le détecteur peut être fatale pour le bébé.
J'ai posé des questions sur le détecteur. Le petit boîtier blanc enfiché dans le corridor, en haut. Celui que je testais chaque mois. Celui dont je voyais le voyant vert tous les soirs depuis les six ans qu'on vivait dans cette maison.
Il m'a demandé de l'apporter. Je suis allée le débrancher dans le corridor et je l'ai descendu. Il l'a tenu dans ses mains.
Il a dit : Ce détecteur fonctionne. Le capteur est correct. La pile est correcte. Le voyant vert est allumé. Le bouton test marche.
Je ne comprenais pas.
Il a dit : Madame. Ces détecteurs bas de gamme sont conçus pour répondre au strict minimum de la norme. Ils ont le droit de rester silencieux tant que le monoxyde n'atteint pas 70 parties par million. Et même là, ils peuvent attendre jusqu'à quatre heures avant de faire un son.
Il m'a regardée.
Les lectures dans votre chambre au cours des trois derniers mois étaient probablement entre 20 et 50 PPM. Ça montait quand le chauffage partait. Ça redescendait quand il arrêtait. Jamais tout à fait 70. Ce détecteur a fait exactement ce pour quoi il a été conçu.
Il l'a soulevé. Il est resté silencieux.
« Ce détecteur a fait exactement ce pour quoi il a été conçu. Il est resté silencieux. »
J'ai demandé ce que 70 PPM voulait dire, concrètement. Il a dit que ça veut dire que la norme autorise votre avertisseur à ignorer précisément les concentrations qui tuent un fœtus. La norme a été écrite pour des adultes. Des adultes en santé. Pas pour des femmes enceintes. Pas pour des bébés. Pas pour quelqu'un dont le corps ne tolère pas une exposition lente étalée sur des semaines.
Marc était assis à la table de la cuisine. Il avait le visage dans les mains.
Le capitaine l'a regardé. Il a dit : Monsieur. Ce n'est pas votre faute. Ce n'est pas la faute de votre femme. C'est la faute d'une norme écrite il y a quarante ans pour un monde qui n'incluait pas la science qu'on a aujourd'hui. Vous avez fait tout ce que vous étiez censés faire. Vous aviez un détecteur. Vous le vérifiez. Vous appuyiez sur le bouton test. Le problème, c'est que le détecteur n'est pas vraiment conçu pour protéger une femme enceinte.
Il l'a posé sur la table de la cuisine.
Ce voyant vert, en avant. Il veut juste dire qu'il y a du courant. Il ne veut pas dire que l'air est sain. Il ne veut rien dire du tout. Le bouton test ne teste que le haut parleur. Il ne teste pas le capteur. Le capteur à l'intérieur peut être mort et ce bouton sonnerait quand même. Le voyant resterait allumé. Vous ne le sauriez jamais.
Il m'a regardée.
Madame Mercier. Si vous retombez enceinte un jour, je vous en supplie. Ne vous fiez pas au petit boîtier blanc sur le mur. Il n'a pas été construit pour un bébé.
Il a fait une pause.
Le capteur à l'intérieur meurt en cinq à sept ans. Le voyant vert continue de briller tout ce temps là.
J'ai demandé ce qu'on était censés faire, maintenant. Il a sorti un autre détecteur de son sac. Il l'a posé sur la table de la cuisine.
Il a dit : C'est celui qu'on a à la caserne. C'est celui que la plupart des gars de mon équipe ont sur leurs murs à la maison. C'est le Domylea 4 en 1. Il utilise ce qu'on appelle un capteur de grade 3. Le même grade qu'on utilise dans notre équipement professionnel.
Il l'a retourné. Il a dit qu'il sonne bien avant les appareils bas de gamme. Avant que les symptômes apparaissent. Il a un écran numérique. Des vrais chiffres. On voit exactement ce qu'il y a dans l'air à tout moment. Zéro veut dire sécuritaire. Si ce n'est pas zéro, on le sait.
Puis il a dit la phrase à laquelle je repense chaque matin.
Et il ne voit pas juste le monoxyde de carbone. Il voit le gaz naturel. Il voit le propane. Il voit les gaz combustibles. Votre ancien détecteur était complètement aveugle à tout ça. Si la fuite chez vous avait été une conduite de gaz plutôt qu'une fuite de CO, votre ancien détecteur n'aurait pas fait de son non plus.
Il m'a regardée.
Si vous retombez enceinte un jour, s'il vous plaît. C'est celui là que vous mettez sur votre mur.
J'en ai commandé quatre le soir même. Un dans le corridor. Un dans la chambre. Un au sous sol. Un dans la chambre du bébé qui a encore le nom de Théo sur la porte.

Je suis enceinte de 11 semaines en ce moment.
On n'a pas parlé de réessayer pendant longtemps. La chambre est restée exactement dans le même état pendant presque cinq mois. Le lit. L'éléphant en peluche. La chaise berçante repeinte à la craie dans le coin.
J'allais dans cette chambre une fois par semaine, je m'assoyais dans la chaise, et je pleurais et je berçais et je pleurais et je berçais. Marc n'y est pas entré du tout les deux premiers mois.
Le cinquième mois, un dimanche après midi, il a apporté l'éléphant dans notre chambre et l'a posé sur ma table de nuit. Il m'a dit je pense qu'il aimerait mieux qu'il soit avec toi.
Et puis j'ai fait un test à 6 h 14 du matin. Deux lignes roses. J'ai appelé au bureau. Il m'a demandé trois fois si j'étais sérieuse avant de me croire.
Je regarde l'écran du Domylea sur ma table de nuit chaque matin avant de me lever. Je le regarde chaque soir avant de m'endormir. Je le regarde avant de sortir. Je le regarde en rentrant.

Zéro.
Zéro.
Zéro.
Zéro.
J'écris ça parce que chaque femme enceinte qui me lit en ce moment devrait savoir ce que personne ne m'a dit.
Si vous avez un détecteur de CO sur votre mur, allez le regarder ce soir. Est ce que c'est un petit boîtier blanc avec un voyant vert? Si oui, vous ne savez pas ce qu'il y a dans l'air que votre bébé respire.
Le bouton test ne teste pas le capteur. Le voyant vert veut seulement dire qu'il y a du courant. Et la norme laisse cet appareil rester muet à des concentrations qui tuent des fœtus chaque année.
Je ne suis pas médecin. Je ne suis pas vendeuse. Je suis une mère qui a tenu son fils mort pendant cinq heures dans une chambre d'hôpital et qui est rentrée chez elle avec un siège d'auto vide.
Je vous dis ce que j'aurais voulu que quelqu'un me dise.
S'il vous plaît. Ne vous fiez pas au voyant vert.
Pour Théo.
Le détecteur que le capitaine Lachance a recommandé. Celui que la plupart des pompiers gardent sur leurs propres murs.
Capteur de grade 3 industriel. Affichage en temps réel. Détecte le monoxyde de carbone, le gaz naturel, le propane et les gaz combustibles.
VOIR LE DOMYLEA 4 EN 1 → Livraison gratuite · Garantie 100 jours · Capteur 10 ansSarah Mercier
Ma sœur m'a envoyé cet article quand j'étais à 28 semaines. J'en ai commandé trois le soir même. Un pour chez nous, un pour ma belle mère, un pour ma sœur qui est enceinte aussi. Ma sage femme ne m'avait jamais parlé de monoxyde de carbone. Le Domylea est sur ma table de nuit en ce moment. Je le regarde avant de dormir et c'est la première chose que je fais en me levant.
Après avoir perdu notre première grossesse, on a fait tester la maison et on a trouvé une fuite lente du chauffe eau. Notre vieux détecteur n'avait jamais fait un son. Le nouveau a sonné à 22 PPM dans la première journée où on l'a branché. On est à 19 semaines aujourd'hui. Je ne sais pas si j'arriverais à dormir sans cet appareil sur le mur.
Ma blonde était enceinte de 7 mois quand elle a lu cet article. J'ai trouvé ça exagéré sur le coup, honnêtement. Puis j'ai regardé notre détecteur et je me suis rendu compte que je ne savais pas de quand il datait. Il était là quand on a acheté la maison. On l'a remplacé la semaine d'après. L'écran affiche zéro depuis, et c'est justement pour ça que je dors mieux : avant, zéro et cinquante avaient exactement la même tête.
Je l'ai acheté pour ma fille qui attend son premier. J'en ai pris un pour moi en même temps. Ma fournaise a onze ans et je n'avais jamais pensé à autre chose qu'à l'entretien annuel. Le fait de voir le chiffre change complètement la façon dont on regarde l'appareil sur le mur.
Je suis à 29 semaines et je pleure en lisant ça. Mon chum et moi on vient d'aller regarder notre détecteur. C'est le petit blanc avec la lumière verte. On commande ce soir. Merci d'avoir partagé votre histoire.
J'aime · Répondre · 412 · il y a 2 joursJulie merci de m'avoir lue. Parlez en à votre sœur, à votre mère, à toutes celles que vous aimez et qui sont enceintes. C'est la seule raison pour laquelle j'ai écrit ça. 🤍
J'aime · Répondre · 287 · il y a 2 joursTechnicien en chauffage et climatisation depuis 18 ans. Je vois des échangeurs fissurés sur des fournaises de 3 ans. L'entretien annuel ne les attrape presque jamais, sauf avec une inspection à la caméra que la plupart des techniciens sautent. Vous ne pouvez pas vous fier à l'inspection. Il vous faut de la détection.
J'aime · Répondre · 1 847 · il y a 1 jourMartin ma fournaise a 4 ans. Est ce que je devrais m'inquiéter?
J'aime · Répondre · 34 · il y a 1 jourAndrée aucune fournaise n'est « sécuritaire » juste à cause de son âge. Le point c'est qu'on ne peut pas se fier à l'inspection. Prenez un bon détecteur, peu importe l'âge de l'appareil.
J'aime · Répondre · 198 · il y a 1 jourOn a un VR et un chauffage d'appoint au propane. Je n'avais jamais fait le lien avec la grossesse de ma conjointe. On en a mis un dans le VR et un dans la maison.
J'aime · Répondre · 96 · il y a 22 heures